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Spelaion Forum 22

Cave art festival

L’évènement Cave art festival proposera aux étudiants des écoles de musique, aux groupes de musique, danseurs, rappeurs ou autres arts de la scène de la région de venir se produire sur notre scène, faisant un lien entre leur art et le monde souterrain. Trois à quatre spectacles par jour seront présentés lors de trois dimanches du Forum.

Le noir -
La peur -
L'introspection

Aller sous terre, c’est faire l’expérience de l’ombre, du noir.

Certains y retrouveront leurs peurs d’enfants, le monstre tapis au fond du puits dont l’éclairage faiblit puis s’éteint après le passage du spéléologue.

D’autres s’y confronteront à leur peurs d’adultes – asphyxie, écrasement, égarement, vertige – le monde souterrain est un labyrinthe où l’on commence par se perdre et où l’on finit par se (re)trouver.

Le noir, le froid, la boue, l’environnement souterrain semble bien hostile au visiteur occasionnel. La progression peut devenir une question de survie. Quand l’explorateur inattentif se trompe de chemin; Si l’épuisement le guette; Alors que les éléments se déchainent et que la crue arrive.

Mais le noir une fois apprivoisé, c’est aussi l’apaisement et le réconfort d’une pause hors du quotidien. Un bienfaisant retour à l’essentiel.

Le minéral -
La beauté -
Les sensations

Il suffit de quelques mètres pour se plonger dans l’univers minéral des grottes. Rapidement, les bruits de l’extérieur se taisent, les odeurs s’estompent, la vue s’adapte.

Le voyage souterrain nous emmène dans un environnement de roche et de cristaux où toutes les fantaisies sont permises. La beauté s’exprime partout, dans la plus fragile fleur de gypse, au travers du paysage majestueux des vastes salles. Prismes géants, coulée de calcite, cristaux d’aragonite, chaque concrétion à son nom, chaque région sa couleur : l’ocre dans le sud de la France, le blanc et l’anthracite en Valais, le beige dans le Jura. Le paysage souterrain que je préfère? Loin des décorations baroques des stalactites et stalagmites, j’aime la roche polie des calcaires les plus pures, les arrondis des méandres et le scintillement des gouttelettes de condensation.

L’eau est partout présente, c’est elle qui façonne les grottes et les décors. Goutte à goutte sonore, rivière chantante, c’est souvent l’eau qui, sous terre, fait le plus de bruit.

Les sons souterrains sont bien étranges. L’explorateur les provoque, la plupart du temps : roulement des cailloux sous les pieds, tintement d’un mousqueton sur une concrétion, bruit clair ou sourd du marteau qui sonde la paroi. Certains phénomènes sonores sont indépendants de l’activité humaine et peuvent marquer durablement les esprits comme le ronflement d’un courant d’air dans une étroiture ou le grondement d’une cascade, peut-être infranchissable.

Mêmes les odeurs sont différentes. Plutôt discrètes, déclinaison de terre et de poussière, elles se font acres quand la roche fracturée libère sa matière organique.

Il suffit de quelques heures pour s’adapter à l’univers minéral des grottes. Le retour à la surface peut être un choc.

L'aventure -
La curiosité -
L'exploration

L’aventure débute comme une chasse aux œufs. On prospecte les trous un peu comme on irait aux champignons. Il y a des indices, des signes. Une faille, une doline, un courant d’air.

Enfin, on repère l’entrée d’une grotte, d’un gouffre. Un petit trou rond dans la roche qui tient franchement du terrier, une ouverture béante dans la montagne qui semble pouvoir abriter une famille de géant. Le spéléologue est irrésistiblement attiré par le noir et l’inconnu.

L’exploration commence alors, ponctuée de divers travaux et de pauses contemplatives. Le plus souvent, les entrées des cavités sont obstruées de terre et de cailloux. Un véritable chantier peut être installé pour venir à bout du bouchon. Certaines « creuses » durent longtemps – plusieurs années – et elles ne sont pas toutes couronnées de succès.

Parfois, le passage que le spéléologue convoite s’ouvre. L’excitation est alors à son comble. Encore quelques cailloux et la suite se dessine sous nos yeux écarquillés. L’exaltation de la « première » transforme l’humain lambda en explorateur des profondeurs.

Souvent, la grotte nous joue des tours et le passage le plus évident se termine sur un mur de roche compacte, une trémie de blocs infranchissable, un méandre trop étroit. Mais la curiosité est telle que le spéléologue entreprend un nouveau chantier pour tenter de franchir l’obstacle et poursuivre sa quête de l’inconnu.

Les grottes attirent les humains depuis la nuit des temps. Les incroyables peintures pariétales en témoignent. Vieilles de parfois plus de 40’000 ans, elles semblent avoir été dessinées hier, par un artiste du Conservatoire. Les grottes sont également des refuges pour la faune qui s’y abrite le temps d’un hiver ou d’une glaciation. Finalement, les grottes ne seraient-elles pas le foyer que l’on recherche et la peine que l’on se donne à explorer, une manière de se les approprier?